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Galerie Les MétamorphOZes

     Galerie Les MétamorphOZes - Valaire - France     dominique MULHEM
 

dominique MULHEM - marilyn-mondrian

 
dominique MULHEM marilyn-mondrian  
dominique MULHEM - marilyn-mondrian
holopainting - 2012
25 x 20 x 3 cm. - 25 x 20 x 3mm inches

Prix : contacter la galerie
Galerie Les MétamorphOZes
Tél. : +33 (0)2 54 44 14 62
http://metamorphozes-artcontemporain.com/


Dominique Mulhem est l’un des pionniers historiques de l’art holographique et de la 3D depuis les années 70

Il développe une suite de concepts étonnants, suite, analyse, actualisation, revisitation aucun de ces termes n’est faux mais aucun n’est vrai, le choix le plus approprié serait réflexion.

Réflexion comme retour sur la pensée afin d’examiner plus à fond puis Réflexion comme Dune réfraction pour franchir une autre vitesse de propagation de l’histoire de l’art . Il soumet l’œuvre d’art à un infini déplacement dans l’espace et le temps. Dans les années 80 ses Portraits d’Artistes projetaient peintres et sculpteurs entre passé et futur offrant par les hologrammes une vision tridimensionnelle.

Dans les années 90 de son musée imaginaire , Pierre Restany écrivait: » Des créatures de rêve devant une peinture de rêve ! devant ! c’est plutôt « Dans » que je devrais dire, car mon œil s’est avéré incapable de faire la part des choses, d’effacer cette vision simultanée, d’en séparer les deux éléments ».

Dans les années 2000 Les Zones, voyages intemporels dans les mots et les phrases du poème de Guillaume Apollinaire. Chaque décennie Mulhem nous fait partager sa vision du monde.

Aujourd’hui ses scarifications nous interpellent sur différentes caractéristiques de notre société face à la culture standardisée en objet de grande consommation. Entre nos désirs secrets de mutilation du regard sur l’œuvre et la scarification sociale qu’elle soit ethnique, tribale ou post moderne, ces incisions sur la peau de la toile signifient une appartenance révélée au monde le l’art en ouvrant un nouvel espace, une aération pour un besoin de respirer à nouveau.

Toute l’œuvre de Mulhem a le même fil conducteur: le concept de la vision simultanée.

LE REGARD DU DEDANS
"J'ai remplacé mon carnet de croquis par la documentation photographique, mes pinceaux par l'aérographe et mon burin par le rayon laser...". Dominique MULHEM expose clairement son programme. Il demande à la technologie d'apporter à sa peinture le supplément d'âme qui est la marque de son désir et de son ambition. La vérité de son art réside dans le dualisme de sa vision: voyant et voyeur, lorsque MULHEM voit l'art, l'art des autres, le grand art du présent et du passé, il éprouve en même temps la sensation aiguë de participer au grand regard collectif qu'une époque porte aussi bien sur sa condition actuelle que sur l'histoire de son passé. S'il a recours à l'holographie, c'est pour restituer à sa peinture l'épaisseur, la profondeur tangible de la mémoire.
J'avais vu à la Galerie Eterso l'an dernier une exposition dédiée aux "Nouveaux Réalistes" et j'avais remarqué ce "regard du dedans" qu'évoquaient les holopeintures de Mulhem. J'ai eu envie de revoir l'artiste et je suis allé il y a deux mois lui rendre visite en compagnie de Jacques Lambert. Je me suis trouvé dans un atelier de la banlieue parisienne, surchargé de ses oeuvres, d'un laser bricolé ad hoc, de sa présence.
Voilà son laboratoire mental, l'usine de ses songes, l'atelier où se condense en images dualistes l'intensité intérieure du regard, je m'attendais à ne voir que des holopeintures, c'est de la peinture à la puissance 2 qui m'a été montrée. J'ai assisté à une véritable visite de musée, à la parfaite reproduction d'oeuvres de grands maîtres, devant lesquelles de jolies filles agréablement dévêtues prenaient une pose avantageuse. Des créatures de rêve devant une peinture de rêve ! devant ! c'est plutôt "Dans" que je devrais dire, car mon oeil s'est avéré incapable de faire la part des choses, d'effacer cette vision simultanée, d'en séparer les deux éléments.
C'est sans doute ainsi que fonctionne le cerveau de MULHEM, et c'est ainsi que fonctionne notre mémoire visuelle dans les galeries ou les musées. Cet homme discret et secret sait ce qu'il veut, ce bricoleur génial est plein de son sujet, qui est de nous donner à voir la peinture qu'il aime et la peinture qu'il fait sous le même angle optique de la simultanéité. Si MULHEM nous prend au piège. c'est pour nous aider à mieux voir au dedans, et du dedans. Voilà ce que j'appellerais une leçon de peinture, et qui nous est donnée en douceur, sans abusive prétention. Une leçon dont je tire profit, si le regard de MULHEM semble parfois distrait, c'est qu'il est au-delà des apparences superficielles, un peu plus loin d'elles et un peu plus près de la vérité de l'art.
Regardez ces oeuvres à deux fois, elles en valent la peine, et attention, cette hygiène de l'oeil dans le "regard du dedans" risque de nous mener loin, dans la profondeur du rêve éveillé.
Pierre RESTANY Milan